Transcription
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Monsieur, j’ay receu ce jord’huy deux de voz lettres du XIII et XVme.
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Quant à ce que feust paict par les soldatz à Vifz je y ay tenu la main
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tant que j’ay peu pour faire rendre aux paouvres gens ce que leur avoit
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esté prins. Le cappitaine Gobert y a tenu la main à l’endroyt de ses
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soldatz de tout son pouvoir. Il y avoyt des ytalliens et des
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enfans de la ville aussi mal completionnez[ ?] les ungs que les autres.
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Il y a certains soldatz qu’estoient lez plus charges que soudain
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s’absentarent de ceste ville. Quant à ce que me mandés que monsieur
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le marquis de La Chambre avoyt adverty que l’ennemy passoyt par
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La Rochette, comme j’en fuz adverty, les chevaulx legiers
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que sont en ceste ville, et quatre vingtz arquebusiers, ont couché
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deulx soirs sur lez passages pour lez attendre ; en n’ont point
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passé par ce pays, car je l’heusse sceu, mesmes s’ilz feussent arrivez
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a Mens. Je ne scay quelz sont eulx qui tachent à malfaire. Mays
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vous asseureray je bien par ceste que la faulte ne vient point par
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moien et que je ne tyenne la main à tout ce que je puys. Et quant
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à celle du quinziesme du present de ma part, j’aurey tousiours
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l’œil au faict de ma charge de tout ce que gentillilhome pourroit
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faire. Sy je cognoissoys aulcung voisin qui feust en maulvaise
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volenté je vous en tiendrey adverty, et l’empecheray de toutr
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mon pouvoir, qui me fera finz ceste par mes humbles et affectionez
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recomandations à votre bonne grace et prie dieu vous donner
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Monsieur, en parfaicte santé heureuse vie et longue, de Grenoble, ce XVIIe
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mars 1574
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Votre treshumble et aubeyssant
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servyteur
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La Thivolliere
